MAx
La Verite sur le kkk

LA PHOTOGRAPHE MARY ELLEN MARK A SUIVI LES MEMBRES DU KU KLUX KLAN PENDANT PLUSIEURS SEMAINES. LA « NATION ARYENNE» S'INTERNATIONALISE SUR LE NET ET S'INFILTRE DANS DES ORGANISATIONS PLUS « CONVENABLES ». SON OBJECTIF : PASSER A L'ACTION. NOUS AVONS DEMANDE AUX MEILLEURS SPECIALISTES DE L'EXTREME-DROITE DE FAIRE LE POINT. AU MOMENT OU LES PLUS

October 1999
By Antoine Dreyfus, Nathalie Grivot and Nikola Acin
Photos: Mary Ellen Mark


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INTERVIEW

"CE NE SONT PAS DE GENTILS IMBECILES EN COSTUMES RIDICULES. ILS TUENT ET BRULENT."
La photographe Mary Ellen Mark a réalisé ce reportage sur le KKK.

D'ou vient votre interet pour le KKK?
Les gens du Klan se sont toujours manifestes de facon bruyante, de plus en plus ces dernieres annees.  J'ai voulu montrer leur existence et leur progression.

Il y a des tas de groupes d'extreme droite. Le choix du Klan est-il social ou decoule-t li d' une fascination visuelle?
Linterêt est humain uniquement Mais le fait qu 'ils portent ce genre de costume rend leur identification plus évidente.



Il y a quand même le danger de ta fascination, une séduction du mal?
Ils ne m'ont pas convertie; si c'est ce que vous voulez savoir. Le mal peut être fascjnant. c'est vrai. Sans leurs robes, ils ont lair normaux. Beaucoup d'entre eux sont très jeunes. Ils sont pris très au sérieux aujourd'hui à cause de la violence extrême de certains de leurs actes. On ne peut pas dire deux que ce sont de gentils imbéciles en costumes ridicules. lis tuent et brûlent



Combien de temps avez vous passe auprès du Klan?
Pas très longtemps, parce que ce sont des gens très paranoiaques. J'ai fait deux sériesde photos. La première était sur la Nation aryenne. Ils ont établi des règles : je devais rester en dehors de leur meeting et ne photographier que les volontaires. Ça a duré trois ou quatre jours. Ensuite, la parano s'est I installée et je suis partie. Ladeuxième fois, c'était une réunion du Klan au Tennessee. Ils avaient rangé les tuniques, ils voulaient se donner l'air respectable.

Pouvez-vous expliquer ou comprendre leur mode de pensee?
Non. Mais je pense que cette haine cette peur doivent être photographiées L ironie de ta situation aussi. Il y a des enfants innocents sur ces images, et ils sont en présence de fusils et de discours haineux. Ils ont même leur propre Père Noël qui salue en faisant Sieg Neil. C'est tellement extrême que ça en devient absurde.

Pense-vous qu'ils icorosentunt veritable danger pour la societe ?
Absolument. Parce qu'ils sont prêts à commettre les pires violences et à tuer pour leurs idees. En plus de tuer, ils pillent des banques, detruisent des immeubles, Ils peuvent séduire des gens vulnérables qui cherchent quelqu'un à blâmer.
Recueilli par N.A.


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MARIE-AGNES COMBESQUE, auteur (Le silence et la haine: racisme, de l'injure au meurtre, colt. J'accuse, 1997) et directrice de collection chez Syros. Le Klan est né en 1866 à Pulaski, dans le Tennessee. Au départ, il ne s'agit pas d'une organisation raciste mais d'une société secrète créée par de jeunes sous-officiers de l'ex-armée confédérée pour s'amuser la nuit, ils se déguisent, paradent sur des chevaux et s'aperçoivent qu'ils font de l'effet en se mettant un drap sur la tête. Dans les mois qui suivent, le Congrès vote des lois interdisant au personnel politique du parti démocrate d'avant la guerre de Sécession d'obtenir des mandats électifs. Le Klan se transforme alors en bras armé du parti, en organisation terroriste qui va attaquer les Noirs et les représentants de l'administration de Washington dans le Sud, le Bureau des hommes libres, qui met en place une politique d'aide aux anciens esclaves. Ce premier Klan s'appelle l'invisible Empire. Il meurt en 1871, décapité à la suite d'enquêtes fédérales. Mais le mythe est né.»

'En simplifiant, on peut parler de deux catégories d'adeptes du KKK. D'une part, il y a les paysans qui ont perdu leur petite ferme au profit d'énormes exploitations. Ceux-là ont tendance à rejeter leurs malheurs sur un ennemi imaginaire désigné par le Klan comme le banquier juif, même s'il n'y a que 15 % de banquiers juifs aux Etats-Unis. Voilà la continuité entre les petits Blancs d'il y a 120 ans qui refusaient l'égalité accordée aux Noirs parce qu'ils avaient peur de l'avenir et ceux qui, aujourd'hui, choisissent l'extrême droite. D'autre part, il y a l'extrême droite idéologique qui choisit le néonazisme en connaissance de cause. Ceux-là veulent une société d'apartheid. Les enjeux financiers et de pouvoir, comme l'immensité du territoire, expliquent la multitude de mouvements extrémistes dans ce pays. Dans cette nébuleuse où les passerelles existent, il faut retenir le nom des Nations aryennes. La puissance de ces mouvements ne se mesure pas en termes de nombre. A partir du moment où le KKK est armé et joue le secret, c'est-à-dire que l'aspect de masse ne l'intéresse plus, il est très dangereux. Et l'idéologie du mouvement suprématiste blanc aux Etats-Unis déborde largement du cercle des membres du KKK, les journaux qu'il publie se comptent par centaines, les candidats extrémistes réussissent à obtenir de bons scores aux élections, leurs moyens de propagande sont de plus en plus perfectionnés... Ces gens-là ne prendront pas le pouvoir, mais ils ont une capacité de nuisance extraordinaire. Leurs nouvelles victimes sont les médecins pratiquant l'avortement et les homosexuels. Si l'intégration des minorités est au point mort aux Etats-Unis, c'est en partie à cause d'eux. »

CHRISTOPHE WEBER, coréahsateur du reportage Les enfants du KKK (dif
fuse sure TF1) et du Klan des femmes (le 22septembre sur Arte). Rédacteur en chef de Sunset Presse. « Quand tu branches la caméra, ils savent jusqu'où ils peuvent aller. Quand ils te disent de l'arrêter, mieux vaut le faire. On a l'impression qu'ils peuvent péter les plombs à tout moment. Nous avons passé dix jours avec eux. La tension était permanente. Pendant le tournage, nous étions constamment surveillés. Au début, ils nous ont demandé si nous étions juifs, communistes, homosexuels et pour qui nous votions. On a répondu que ça ne les regardait pas. Le plus dur fut d'entendre pendant dix jours leur litanie raciste d'une débilité profonde. Alcool et, nous le supposons, drogue aidant, certains revendiquent des actes de dégradation, des tabassages, et vont jusqu'à justifier des meurtres.»

ANN VAN DICK, fonctionnaire de l'Etat de Pennsylvanie (fait de la prévention dans les écoles et tes lycées contre les groupes racistes et haineux). «Je constate une montée de la haine, de l'extrémisme et du Ku Klux Klan depuis une dizaine d'années. Dans notre seul Etat, le nombre de ces bandes extrémistes est passé de six en 1997 à quarante-cinq en 1998. Le Klan recrute des jeunes dès l'âge de 12 ans à l'école. Essentiellement des gosses un peu paumés, ayant des difficultés scolaires et familiales. Il leur propose une fausse famille de substitution, leur raconte qu'ils perdent leur temps au lycée entourés de Noirs, et que l'Etat ne leur apportera rien. Les membres de ces groupes ont, la plupart du temps, connu la misère affective, morale et économique. Ils viennent de la classe blanche pauvre. Parmi les recruteurs du Klan, on retrouve des gens qui ont souffert d'abus sexuels, de l'absence paternelle, de problèmes d'alcoolisme ou de drogue. Cela n'excuse pas leurs actes odieux. Cela permet de mieux les comprendre. »

FLOYD COCHRAN, 42 ans, ancien membre du KKK, ex-porte-parole de la Nation aryenne, groupe extrémiste qui prône la suprématie de la race blanche. Aujourd'hui, Il combat le Klan. <<J'ai intégré le Klan à l'âge de 14 ans. Un recruteur m'a dit: "Ne veux-tu pas être quelqu'un? Les Noirs ne t'empêchent-ils pas de progresser et de prendre ta vraie place dans la société? Les Juifs ne sont-ils pas des usurpateurs?' J'étais jeune, influençable. Les drapeaux noirs et rouges, les uniformes, l'organisation militaire, la chaleur presque familiale m'ont impressionné. A cette époque, je ne pensais pas aux conséquences de mes actes. Dans le Klan, je participais aux réunions, à des manifestations contre des commerçants noirs ou juifs. Je lisais des livres et des documents racistes. Puis, je me suis engagé dans la Nation aryenne qui prône la révolution. Très croyant, j'ai été attiré par l'aspect chrétien fondamentaliste et la dimension nationale-socialiste de l'organisation. Comme j'avais le contact facile et que j'étais convaincant, je suis devenu le porte-parole de la Nation aryenne. Durant des années, j'ai parcouru le pays pour recruter des jeunes. Au lieu de sortir le svastika (croix gammée, Noir), je brandissais la Bible. Tout le monde connaît et aime la Bible. Le svastika, c'est plus difficile. La mort de mon fils, en 1992, m'a ouvert les yeux. Atteint d'une maladie incurable, il est décédé dans d'atroces souffrances. Les dirigeants de la Nation aryenne n'ont cessé de me répéter que Dieu rappelait mon fils pour la bonne cause. Ma foi m'a quitté. Dieu ne pouvait pas me taire ça. Il est impensable d'affirmer comme le Klan que les Noirs n'ont pas d'âme et que c'est la raison pour laquelle il faut les éliminer. Désormais, mon travail consiste à parler des dangers du Klan et des groupes extrémistes dans les écoles, les commissariats, les administrations, les associations, etc. Le KKK attise la violence. Il faudrait donc les considérer comme les gangs criminels de L.A. »

DR LEONARD WEINBERG, professeur de Sciences politiques â l'Université de Reno (Nevada), spécialiste des mouvements extrémistes, « Le KKK est une menace de plus en plus visible. Le nombre d'actes de violence dus au Klan s'est multiplié. En juillet dernier, un jeune Noir a été tué dans l'Indiana. Les extrémistes américains ont énormément encouragé le racisme en Europe occidentale. Pendant de longues années, les extrémistes de droite du Canada et des Etats-Unis ont imité leurs « confrères » européens, surtout en empruntant les symboles et la rhétorique des néonazis. Désormais, c'est l'inverse qui prévaut, parce que la liberté d'expression aux Etats-Unis permet tous les excès et fournit de la documentation. Les extrémistes américains ont encouragé les négationnistes d'Europe. Le très riche Institute for Historical Review basé à L.A. a financé des pseudo-conférences et des séminaires de tous les négationnistes. Autre exemple : le groupe raciste Combat 18 en GrandeBretagne (18 est un chiffre symbolique : 1 pour A; 8 pour H, les initiales d'Adolf Hitler) a imité ouvertement des ségrégationnistes américains en appelant à attaquer des postes de police et en réclamant des bastions blancs au Royaume-Uni. Quant à l'influence du KKK sur la vie politique américaine, elle existe, c'est certain. David Duke, ancien leader du Klan (voir interview en fin de dossier, Noir), personnage influent au sein de l'Etat de Louisiane, présente une façade plus propre, mais il n'a pas renoncé à ses démons racistes. Et ses thèses ne sont pas très éloignées de celles de la Nation aryenne. »

CHRIS FREEMAN, chercheur et sociologue au Centre pour le renouveau démocratique (centre de recherche sur les extrémismes aux Etats-Unis). « Le tournant plus légaliste et moins folklorique du Klan (abandon des cagoules et d'une certaine forme de rituel) représenté par leur porte-parole, Rachel Pendergraft, a eu pour conséquence de radicaliser une partie de leurs membres. Certains, estimant que le Klan s'était ramolli, ne se sont pas reconnus, ont quitté le cocon, et sont devenus finalement beaucoup plus dangereux.


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Le pasteur Richard Girnt Butler (en h. à d.), un des leaders de la Nation aryenne, recrute tous azimuts anti pédés-juifs-junkies, enfants, classes moyennes paumées.


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« Le KKK est une menace de plus en plus visible. Le nombre d'actes de violence se multiplie depuis plusieurs années. » Dr Leonard Weinberg On les appelle les résistants illégaux. Ils forment une masse indéfinie de suprématistes, de résistants au gouvernement fédéral, de racistes, de conspirateurs et sont persuadés que le monde est dominé par les Juifs. Reliés entre eux par Internet, même dans les coins les plus reculés - le réseau Internet a été monté par David Duke - ces groupes de deux, trois ou quatre personnes, sont capables de passer à l'acte et de perpétrer des attentats sur le sol même des EtatsUnis. Autre danger: le Klan fonde de plus en plus son action sur la Bible et justifie ainsi les pires vilenies. Pendant ce temps-là, le gouvernement a une attitude hypocrite. Tout en condamnant le racisme et l'antisémitisme, il laisse tranquilles ces groupes isolés parce qu'ils respectent le premier amendement de la Constitution qui protège la liberté d'expression.»

JEAN-YVES CAMUS. politologue responsable du Cera (Centre de recherche et d'action sur le racisme et "antisémitisme). II a dirigé l'ouvrage collectif Les extrémismes en Europe (Cera, éd. de l'Aube, 1998). Actuellement, les groupes qui se radicalisent sont souvent inspirés de sectes pseudoreligieuses, et sont composés de gens souvent trop jeunes pour appartenir au Klan. La Nation aryenne ou The Order n'ont rien à voir avec le Klan, même si certains de leurs leaders en sont issus ou si quelques-uns de leurs militants ont la double appartenance. On les associe parce que leurs rhétoriques se recoupent. Idéologiquement, les Noirs restent l'ennemi, mais les Juifs sont venus les coiffer sur le poteau. Les néonazis américains appellent cette théorie du complot le ZOG (Zionist Occupation Government). Elle commence à être omniprésente dans la littérature radicale, y compris en France et en Europe. Mais le Klan n'a jamais pratiqué la guérilla urbaine pour la simple raison qu'il avait et a encore une base sociale : le shérif du comté, le procureur du coin, le commerçant, etc. Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est la nouvelle génération de militants issus de groupes terroristes qui s'intéressent à l'Europe et dont l'objectif est le passage à la lutte armée. En France, depuis l'automne 98, une traduction de Turner Diaries, roman de William Pierce qui a inspiré les auteurs de l'attentat d'Oklahoma City, circule sous le manteau. Le livre décrit l'insurrection des Blancs devenus une minorité dans les Etats-Unis du XXI' siècle et qui décident de se soulever contre un gouvernement tenu par les Juifs en particulier, mais aussi les Noirs, les Chicanos, etc. En Europe, les foyers principaux de l'ultra-droite se situent en Scandinavie et en GrandeBretagne.»

PIERRE-ANDRE TAGUIEFF, historien et directeur de recherche au CNRS (Le racisme, éd. Flammarion, 1997 - La couleur et le sang, doctrine raciste à la française, éd. Mille et une nuits, 1998). «Le Ku Klux Klan a été très médiatisé en Europe mais on n'en connaît souvent que l'extériorité, avec l'ambivalence des sentiments que cela suscite, un mélange de dégoût, d'indignation et de fascination. On retient les lynchages, les Noirs brûlés, massacrés... Les mouvements antiracistes ont beaucoup fait pour les diffuser. Mais le Klan reste un phénomène américanoaméricain. Un mélange de protestantisme, de racisme biologique, d'antisémitisme, d'antinégrisme lié à l'histoire de l'esclavage en Amérique et qui me semble difficilement exportable. Par contre, le mythe du complot juif mondial l'est. En France, aujourd'hui, les correspondants de l'invisible Empire sont de vieux adolescents marginalisés, très liés au négationnisme, cette forme d'antisémitisme oblique et symbolique. On ne peut toutefois pas parler de mouvement de masse. De plus, le ménage a été fait par le FN qui les trouvait gênants et qui les a placés devant l'alternative de s'engager au parti ou de ne plus avoir de réseau. La loi du 1" juillet 1971, revue et corrigée par la loi Gayssot du 13 juillet 1990, a également fait barrage; notre législation est la plus répressive au monde. Mais cela peut changer : l'affaiblissement et la division du Front national peuvent amener ces petits groupes à se reconstituer. Quand il n'y a pas de grosse organisation qui joue la légitimité démocratique et attire les élites extrémistes, il y a multiplication des groupuscules." Un policier français des Renseignements généraux (indirectement, les policiers français not eu affaire au Ku Klux Klan). «Le responsable du Klan français, Olivier Devalez, a publié des journaux pendant quatre ans : L'Empire invisible, La croix de feu. II est actuellement en prison. Le Klan français existe encore mais n'a quasiment aucune activité. Un Français, connu sous le pseudonyme d'Hervé Guttoso, a monté il y a quelques années un groupuscule extrémiste néonazi, appelé les Charlemagne Hammerskinheads (Charlemagne en souvenir de la 33' division Waffen SS composée de Français). C'est la branche française des Northern


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Les femmes tiennent une place de plus en plus importante au sein des organisations d'extrême droite aux tats-Unis
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«Au nom de la liberté d'expression, on a vu défiler le KKK dans la rue, protégé par la police. Voilà pourquoi c'est un modèle pour les néonazis européens. » Mark Knobel Hammerskinheads, néonazis américains qui entretiennent des liens avec le KKK. Les Charlemagne Hammerskinheads étaient très virulents, très violents. Leur site Internet a été fermé et Hervé Guttoso a été condamné, notamment pour propos racistes. Aujourd'hui, nous savons qu'il est réfugié en GrandeBretagne : il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Un certain Eric Monnier, lyonnais, aurait remplacé Guttoso à la tête des Charlemagne Hammerskinheads. Pour l'instant, ils distribuent juste des tracts et se réunissent en vomissant sur la société. Mais on ne sait jamais avec ce genre d'individu. A tout moment, ils peuvent aller beaucoup plus loin.»

MARC KNOBEL historien, specialiste des modes de diffusion des ideologies extremistes centre Simon Wiesenthal l'origine  a de la tfermeture du site neonazi francais des Charlemagne Hammerskinheads qui menacait de mort Anne Sinclair, Simone Veil e Jean-Francois Kahn.

«Le Centre Simon Wiesenthal est une structure américaine. Il a obtenu le blocage du site parce qu'il était basé en France où le racisme n'est pas une opinion mais un délit. En revanche, à tout moment, il peut renaître à l'étranger et redevenir accessible. Aux USA, les lobbies et les dogmes constitutionnels comme le premier amendement défendent la liberté d'expression au point de ne pas pourchasser la diffamation raciale. Le second amendement autorise la détention d'armes et la constitution de milices. Ces bases structurelles posées, les groupes d'extrême droite peuvent avoir pignon sur rue. Le Klan représente une permanence depuis un siècle sur l'échiquier extrémiste américain. On l'a vu défiler dans la rue, protégé par la police, au nom de la liberté d'expression. Voilà pourquoi il peut être perçu comme un modèle pour les groupes extrémistes et néonazis européens. Un néonazi n'est pas simplement un homme ou une femme qui glorifie une période de l'histoire, c'est quelqu'un qui va se battre pour la supériorité de la race blanche. Autour de ce genre de phobie, on retrouve en Europe entre 40 000 et 100000 militants.» Abraham H. Foxman, president de l'ADL (Anti Defamation League) equivalent de la Licra (Ligie contre le racisme et l'antisemitisme). En Novembre 1998, l'ADL a lance un filtre anti-haine qui bloque l'acces aux sites racistes sur internet.
«Ce filtre anti-haine ne bloque pas l'accès aux pages contenant des mots interdits, parce que le mot nazi interdirait l'accès aux sites d'histoire. Ce filtre barre les adresses Internet des sites que nous répertorions, 300 sites environ (racistes, ségrégationnistes, antisémites...). Chaque semaine, la liste est révisée car ils sont malins et changent facilement d'adresse. Si un enfant veut aller sur le site du Klan, un message apparaît : désolé, c'est un groupe de haine où tu ne peux aller. Ensuite, l'enfant est renvoyé sur notre site qui explique qui sont ces extrémistes, et quelles menaces ils représentent.>>
Recueilli par A.D. et N.G.

BALISES

LE KKK EN CHIFFRES
- Il y a aux Etats-Unis près de 200 organisations racistes et suprématistes qui se réclament du KKK, la plus importante et la plus structurée étant les Chevaliers du KKK. - L'intelligence Report, une publication du Southern Poverty Law Center de Montgomery (Alabama) qui étudie les organisations racistes, a recensé en janvier 1998, 474 organisations prônant la suprématie blanche aux Etats-Unis. - On a recencé sur le web 300 sites américains suprématistes ou racistes. Les Crimes Racistes

LES CRIME RACISTES
- Le FBI a répertorié 8759 cas connus d'agressions racistes en 1996 sur tout le territoire US, dont près de la moitié ont pris pour cible des Noirs, un chiffre en augmentation par rapport à celui de 1995 qui s'élevait déjà â 7947. - En 1998, à Jasper, au Texas, James Byrd Jr, un homme noir et handicapé, âgé de 49 ans, a été la victime de deux membres du KKK. On l'a retrouvé mort et décapité après que son corps ait été traîné derrière un camion. Le KKK en France.

LE KKK EN FRANCE
Le Ku Klux Klan a été incarné par Hervé Guttoso, actuellement recherché par la police pour propos racistes. Ce Français a appartenu en 1991 à Troisième Voie, un groupe d'extrêmedroite, et aux Charlemagne Hammerskinheads, directement inspirés par David Lane, un illuminé néonazi lié au Klan qui a écopé de 190 ans de prison après le meurtre du producteur juif d'un talk-show. Hervé Guttoso avait d'abord trouvé refuge auprès de Paul Sargent, leader du National Socialist Mouvement. Il a été ensuite arrêté par la police britannique. Mais il a été relâché. Il y a toujours un mandat d'arrêt international contre lui.

A. D.

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